Au XIVe siècle, Maître Guidomar recteur des écoles de grammaire de Quimper-Corentin, donnait ses leçons en sa maison du Guenniou rue du Viniou entre la Place Médard et la Place au Beurre-au-pot.
Les écoliers Bas-Bretons, souvent dans le plus grand besoin étaient accueillis par le Collège de Cornouailles à Paris.
Jusqu'au XVIe siècle, les villes de Bretagne ne semblent pas avoir mis à la disposition de la jeunesse, des ressources plus étendues.
François II, fait ériger une sorte d'université, des trois Évêchés de Cornouailles, Treguier et Léon.
Le Concile des Trente ordonne en toutes les Cathédrales et églises métropolitaines, l'érection d'un Collège.
En 1579, l'Ordonnance de Blois confirme qu'une petite institution dotée de revenus minimes d'un des candidats de la Cathédrale s'établit rue du Verdelet , sous la direction du chanoine scolastique, sous la surveillance du clergé du corps de Ville.
Mgr l’Évêque, Charles de Lescouët, décide faire un voyage en direction de Rome pour y rencontrer le Pape Grégoire XIII. Il reçoit l'ordre d'établir à Quimper, un Collège de la Compagnie de Jésus en 1584.
La guerre des Ligues de Bretagne stoppèrent la création de ce projet. Ce n'est qu'en 1597, après la capitulation de la ville d'Angers, que Mgr l’Évêque met en oeuvre son projet.
Les Pères Jésuites viennent à Quimper-Corentin dans les années 1610 et 1611. La question du Collège est sérieusement étudié.
Au jour Pascal de l'année 1611, les députés du clergé, de la justice, de la bourgeoisie et de la noblesse, votent l’acclamation de la création du Collège.
Leur vœux est transmis à Sa Majesté Messire Jacques Lhonoré, chanoine de Cornouaille et secrétaire de l’Évêque.
Mgr L’Évêque, Guillaume Le Prestre, se montre hostile à l'installation des Jésuites à Quimper.
Le 18 Octobre 1621, l’inauguration officielle est honorée. Le collège sera construit entre la Place Mez-Gloaguen et et la rue Royale, à l'emplacement de l'hospice Saint-Antoine.
La cité de Quimper-Corentin n'est pas riche, à cette époque, elle doit faire face à des dépenses extraordinaires occasionnées par les épidémies de Peste noire.
La construction des bâtiments commencent en 1621 et ne se terminent qu'en 1748.
Entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, les Jésuites y font bâtir une chapelle. Elle comprend une nef de deux travées avec bas-côtés, un transept à croisillons terminée par une abside en cul-de-four.
La façade est ornée des ordres doriques et ioniques. L'édifice a été construit sur les plans du Père Martellange, d'après le modèle de celle du noviciat de la Compagnie, située à Paris rue du Pot-de-Fer.
En 1762, les Pères Jésuites partent de Quimper-Corentin, en exécution d'un arrêté du Parlement de Bretagne. Denis Bérardier, prêtre en la paroisse de Locmaria, devient principal de l'établissement.
Le Collège offre l'enseignement classique des XVIIe et XVIIIe siècle : le Latin. Les jeunes élèves devaient savoir écrire, lire, calculer et et connaître les éléments de cette langue, savoir le Rudiment et savoir expliquer l'Appendice. La langue barbare des collégiens Bas-Breton étaient complètement exclu de cet établissement.
Louis XV, confirme le maintien d'un collège à Quimper. L'établissement est confié à des prêtres du diocèse.
La Convention Nationale, régime politique français qui gouverne la France entre 1792 et 1795, remplace le Collège par une Ecole Centrale en 1796.
A partir de 1830, l'établissement devient Collège municipal et est administré par des laïcs. Les bâtiments sont très mal entretenus.
En 1802, Napoléon Bonaparte, Premier Consul de France, créé les lycées.
Dès 1811, la ville de Quimper, demande la transformation de son collège en lycée. En 1848, seulement, Brest obtient le sien.
Le collège de Quimper est le seul établissement public du sud-Finistère, comparé à l'enseignement catholique qui multiplie les écoles secondaires.
Le 15 Octobre 1881, décidé par le gouvernement de Jules Ferry, la création du lycée est confirmé. Le texte est signé par Jules Grévy, Président de la République.
L'ancien collège est détruit, les nouveaux bâtiments sont inaugurés en 1886 et se finissent deux ans plus tard.
![]() |
Le dortoir |
![]() |
Le réfectoire |
En 1897, le nouveau lycée porte désormais le nom de La Tour d'Auvergne, il s'agit d'un lycée de garçons mais les filles sont présentes dans les classes enfantines et plus tard dans les classes de mathématiques.
L'effectif varie : 450 en 1914, 600 en 1947 et 1 000 en 1963. Les classes sont très chargées. Une amicale des anciens élèves est fondée en 1904 ainsi qu'une association de parents d'élèves en 1933.
Durant la Guerre, de nombreux maîtres et élèves intègrent des mouvements résistants.
Soixante-Douze ne reviendront pas.
![]() |
En 1965, le lycée de Cornouailles est construit pour recevoir les élèves du second cycle. La Tour d'Auvergne devient C.E.S puis Collège.
Au fil des siècles, de nombreuses personnalités ont étudiés à La Tour d'Auvergne :
XVII e siècle : Elie Fréron et Joseph Dupleix
XVIII e siècle : Théophile de La Tour d'Auvergne et Amiral Yves de Kerguelen
XIX e siècle : Anatole Le Braz et Jean-Marie de Silguy
XX e siècle : Max Jacob, Julien Gracq, Per-Jackez Hélias, Xavier Trellu et Jacques Maillet
Anecdote de mon père : " Ayant été élève dans l'année 1961-1962, il se souvient de voir les tessons de bouteilles sur les murs de la prison, tout en se lavant les mains dans l'eau froide des lavabos en zinc "
![]() |
Une classe en 1912 |










Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire