08 mai 2021

Introduction

Kemper, qui signifie confluent, capitale de la cornouaille bretonne, connue pour ses maisons à colombages, reliée à l'immense Monument religieux construit sur les plans de Joseph Bigot où trône depuis des siècles, le roi Gradlon. 

L'ancienne contrée ne ressemble plus à celle que nous connaissons aujourd'hui. 

Qui sont vraiment René-Théophile Laënnec, Michel Le Nobletz, Max Jacob et tant d'autres ? 

Connaissez vous vraiment l'histoire de cette ville coupée en deux ? 

Je vais vous faire partager ma passion que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître en vous faisant découvrir ses rues, son histoire et toutes ses richesses enfouies au fin fond des tiroirs. 

Je ne vous parlerai ni de folklore ni de la cathédrale qui possède déjà beaucoup d'articles et blogs. 

La période commence au Moyen-Age jusqu'aux années 1930.  

Installez-vous confortablement et découvrez cette ville  : Kemper-Kaourintin.


Etymologie

1084 : Kemper Courentini, 1116 : Kemper Sant Kaourintin, 1152 : Saint-Corentin, 1162 : Kemper Corentin, 1236 : Quimper Corentin, 1789 : Montagne sur Odet



                                                Plan de la ville, édité par Gilles André en 1764


Héraldisme


                                                                               1667

" de gueules au cerf passant d'or, au chef d'azur semé de fleurs de lys d'or"

                             

1696

" d'azur au bélier passant d'argent accorné et onglé d'or, au chef d'hermine "



Photo des années 1860

L'abattoir, le Moulin de la Glacière et l'église Saint-Mathieu   


07 mai 2021

Les rues de l’Évêque

A la fin du 18e siècle, la ville change son vieux nom de Quimper-Corentin, en un seul mot :  Quimpercorentin. Puis elle prend le nom de Quimper-sur-Odet et enfin, Kemper se nomme Montagne-sur-Odet.

La ville se décompose en deux parties : 

1 - L'intra-muros : Ville-Close, propriété des Évêques et de l’Évêché de Cornouaille. 

2 - La Terre-au-Duc : Propriété de la noblesse de Cornouaille.

En 1209, un château est construit sur aveu de noblesse par le Maître d'Oeuvre, le duc, Guy de Thouars. 

En 1263, Pierre de Dreux érige une muraille de pierres autour de la ville. Surmontées de distance en distance de 10 tours et mâchicoulis avec parapet et pont-levis. 

La plus vieille maison se situe au niveau du Steir. Elle est surnommée, maison à échauguette, avec sa petite tourelle.

Six portes permettent d’entrer dans la ville-close : 

1 - Tour Pennallen ou Tour Furic, rue des Regaires

2 - Tour Nevet, jardins des Ursulines

3 - Tour-Bihan, devenue Tourby

4 - Tour du Châtel, passage de la Cathédrale

5 - Tour Medard, rue du Pichery

6 - Tour Saint-François (Terre-au-Duc)

Cette dernière y porte deux écussons aux armes de Bretagne, l'un plein et l'autre celui de la famille du duc, Guy de Thouars. 

L'Évêque Raynaud, donne à celui-ci une parcelle d'un hectare en échange de la construction des portes et murailles. Cette terre se trouve en bas de la rue Kéréon, au bord du Steir (propriété du duc).

Au 12e siècle, la plupart des rues et places sont nommées en langue vulgaire, le Breton car à l'origine les noms s'écrivent en langue Latine. Les rues Kéréon et Mez-Gloaguen sont des exemples types dont voici leurs vrais significations :

Mez-Gloaguen apparaît dans les lignes du Chevalier de Fréminville comme, Campus Gloaguen et se  traduit par le champ de Gloaguen. 

L'hôpital Saint-Antoine y est construit par les Jésuites à cette même place.

Au niveau de la place, rue Bily, se trouve la chapelle Saint-Antoine et son cimetière. Elle est vendue comme bien national à la Révolution. Elle a aujourd'hui totalement disparue.

En 1793, le roi Louis de Bourbon, seizième du nom, demande un aveu pour y construire la nouvelle prison Royale, située à la place de la chapelle Saint-Antoine. La première se trouvait rue Elie Fréron et deviendra après 1793, la maison de justice.

Au 16e siècle, la rue Sutorum prend le nom de la rue Kéréon. Elle est l'artère principale de la ville tout au long de son existence.

La rue Toul-al-Lazr (Trou du Cuir) devient la rue Toul-al-Laër, regroupant des commerces de tanneries.

La ruelle An Douaric, est inscrite sur un plan de 1764, comme rue Dorée. La traduction du mot Douar, correspond au mot Terre. Mais dans ce contexte il n'y a pas de terre vu que la ville est propriété des Évêques. Nous pouvons donc en venir au mot Dour qui signifie eau. L'explication se rapprocherait plus de cette interrogation. Ce qui donnerait la rue, An Douric, petite eau. 

La rue Obscure ou rue Royale devient la rue Elie-Catherine-Fréron.

Celle du Viniou a été traduit en Latin au 13e siècle par Vicus Vinae, rue de la Vigne. Le plan de 1764 porte la rue des Vendanges. 

La rue de la Chaire Saléee au 14e siècle devient la rue du Salé. 

La place aux ruches devient la place au Beurre-au-Pot, simplifié en Place au Beurre. On y vend du beurre et du miel.

La rue des Febvres a été transformé en rue des Orfèvres et devient de nos jours, la rue du Chapeau-Rouge. Une pure invention, non réfléchie.

Beaucoup de rues sont représentés par les métiers, Kéréon ( Cordonniers), Sallé ( Charcutiers), Orfèvres ( Serruriers).....

Dès 1750, tout ces métiers avaient disparus des rues. Jusqu'au 19e siècle, les vieilles rues portent encore leur vrais noms. 

Les noms des rues de L’Évêché, des Régaires, de la Ville-Cohue, des Gentilshommes, de la Terre-au-Duc, rappelle l'Ancien régime : La Terreur. 

Ces places sont rebaptisées en rues de Saints (François, Corentin, Catherine...). 

La rue des Jésuites ou rue des Arts devient très tard la rue du Collège.

Voici les places et rues qui ont changés de noms dans les années 1800 : 

Place de la République / Place Saint-Corentin

Rue de la Révolution / rue Sainte-Catherine

Rue du Champ de Bataille / rue Sainte-Thérèse

Rue Voltaire / rue Saint-François

Rue du Rossignol / rue Saint-Mathieu

Place de la Nation / Place Terre-au-Duc

Rue de l'Egalité / rue des Gentilshommes

Rue Mably / rue Ville-Cohue

Rue Jean-Jacques Rousseau / rue des Regaires

Un nouveau nom est donné à la Place Neuve : Place du Finistère. Elle était intégré au milieu de la Place du Couvent des Ursulines, proche de l'église Saint-Mathieu.

La rue du Frout n'est pas d'origine puisque le ruisseau qui y passe dessous s'appelle Penruic.

La rue des Etaux devient, rue des Boucheries.

Au carrefour des rues Saint-François et des Etaux, se trouve la Place Maubert, lieux de vente des meubles saisis par la Sénéchaussée. Au 15e siècle, elle prend le nom de Place aux Herbes ( marché aux légumes)

Au bas de la rue Kéréon, se trouve la Place Médard appelé officiellement la Barre de Médard, servant de siège de Justice ecclésiastique.

L'ancienne église municipale Notre-Dame du Guéodet, construite en 1209, se situe à l'angle de la rue du même nom, Gué-Odet et celle des Etaux. Elle a été démolie pour réparer la chapelle du Collège des Pères Jésuites, construit à l'emplacement du Jardin du Chapitre.Au décret du 18 Germinal an x ( 8 Avril 1802), son jubé, ses boiseries ont servi à faire du feu, ses vitraux détruits.

Les Halles actuelles occupent la place de l'ancien cimetière des Cordeliers, jouxtant l'église du même nom. La nef occupe la rue du Steir et le chœur s’avance sur la rue Saint-François.

C'est à cette place que Jean Discaléat, plus connu sous le nom de "Santig Du", y repose. Sa statue a été déplacée dans la Cathédrale Saint-Corentin et sert à y déposer des offrandes par les villageois. 

Contre le mur de l'église des Cordeliers, la chapelle des Agonisants ou autrement appelé Notre-Dame de Vertu y est construite.

Il faut retenir que sur chaque place se trouvait une croix ou un calvaire, tous aujourd'hui disparus

Entre 1766 et 1812, Quimper regroupe 713 maisons. 

En 1882, 1 415 propriétés bâties sont répertoriés entre le fief de l’Évêché et celui de la Terre-au-Duc 


Plan de Kemper-Corentin, édité par Christophe Paul de Robien en 1736
















Les rues du duc

La terre-du-duc se définit comme suit, l'espace qui se situe entre l'Odet et le Steir, jusqu'au Faubourg de Bourlibou (Bourg-les-Bourg).

En 1539, la Place Terre du duc se nomme autrefois, la Place des Laboureurs. Elle permet aux paysans de venir offrir leurs services et générosités.

La Place Médard se trouve sur le domaine de l’Évêché, on y traverse le pont et nous sommes en pays ducal.

La rue des Febvres, appelé aujourd'hui, vulgairement rue du Chapeau Rouge, commence à cet endroit.

Au bout de cette rue débouche la rue Saint-Marc. La rue de Lanvéoc, traverse celle-ci, de part en part. 

La chapelle Saint-Marc est en bord de route. Le cimetière ne sera construit qu’en 1788.

Cette longue rue débouche sur un terrain vague entre l'enclos des Cordeliers (Maison de Saint-Joseph) et celui des Capucins ( Sacré-Coeur). 

Au milieu de cet espace se rencontre les chemins de Douarnenez et de Pont-L'Abbé.

La rue du Rossignol, Saint-Mathieu, commence au bout de la Terre du Duc et mène jusqu'à la place du même nom.

La chapelle Saint-Mathieu, était accolée à l'église. Elle porte le nom de Notre-Dame du Paradis. Elle est détruite et les pierres servent à reconstruire la tour de l'église. Le cimetière et l'ossuaire ont malheureusement disparu. 

La place du même nom communique avec la rue des Febvres par la ruelle de Justice.

La rue Porz-Mahé est le nom que l'on donne au prolongement de la rue du Rossignol au delà de la place Saint-Mathieu.

Au niveau du carrefour de la Vieille Cohue et de la rue Vis, la rue longe la caserne de gendarmerie et contourne la Place Neuve. 

En 1539, la rue Vicze est nommée par le Chanoine Moreau, rue Saint-Jean.

Au 16e siècle, la rue de la Vieille-Cohue prend le nom du voisinage de l'ancienne Halle située entre la vieille ville de Locmaria et la Ville-Close. En 1790, elle est nommée rue Mably, du nom du philosophe du même nom. Au 19e siècle, la rue se fait appelée rue Laënnec car elle aurait vu naître le célèbre médecin René-Théophile Laënnec. Ni les archives, ni les documents officiels ne le prouve. 

Le carrefour de la rue de Porz-Mahé, de la rue de la Ville-Cohue et celle de la rue Vis sert de barrière à l'entrée de la ville du duc selon le Chanoine Moreau en 1597.

La rue du Sel se fait appelé rue du Quai. Elle part du Pont Médard et mène jusqu'à celle de la Vieille-Cohue. On y débarque du sel, des allumettes et du tabac.

A cette époque le Steir et l'Odet ne sont pas canalisés. Le Quai Odet, partant du pont du Parc au passage de Locmaria est appelé Rive de Quimper-Corentin. La rue qui y va se nomme rue de la Rive. 

Sur le plan de 1764, figure une ruelle en prolongement de la rue de la Vieille-Cohue, allant vers le bief du Moulin du Duc. L'eau est à ciel ouvert. En 1783, le Sieur René Madec fait construire son hôtel en face de la rue Laënnec. Il fait recouvrir le ruisseau et clôt la ruelle.

Quelques rues ont été vendues pour pouvoir construire des hôtels particuliers dans ce quartier.

La rue Bily devient rue de La Providence. 

Dans ce Faubourg existait quatre couvents : 

1 - Couvent des Ursulines, fondé en 1621 par le marquis Sébastien de Rosmadec. L'enclos du couvent comprend l'espace de la rue des Febvres, celle de Porz-Mahé, la Place Neuve et à l'emplacement des Casernes et dépendances. 

2 - Les Dames de la Retraite, créées par le Père Julien Maunoir en 1678. 

3 - Le Couvent des Cordelières ou Franciscaines Urbanistes, fondé en 1750

4 - Le Couvent des Capucins ( Sacré-Cœur ) fondé en 1601. Ils avaient pour église, celle de Saint-Sébastien, remplacée par la chapelle Neuve.

En 1634, le manoir de la Palue, en la paroisse de Pen-Harz, devient un couvent de Bénédictines réformées, dites Calvairiennes. En 1810, on y interne les prisonniers espagnols.

Non loin de là, se trouve l'avenue Creach-March. Autrement dit Kernisy, c'est une abréviation du nom Kerminihy. En ce lieu, se trouve l'asile de Saint-Corentin. 







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06 mai 2021

Les paroisses de L’Évêque et du duc

En 1780, la ville fortifié compte Six Paroisses.

Le recensement en 1778 compte 9 500 âmes. En 1789, 7 626, en 1794, 6 500 et en 1803, 6 608

1 - Paroisse de la Chandeleur 

Lieu de prières : Chapelle Notre-Dame de la Chandeleur

Elle comprend, la Place Saint-Corentin, la rue du Chapitre, la Place et la rue Toul-al-Lazr, la rue du Frout, la rue des Regaires, le quartier de Creac'h-Euzen.

2 - Paroisse Saint-Julien 

Lieu de prières : Chapelle des Cordeliers

Elle comprend la rue Saint-François, rue Kéréon, Place Maubert, Place Médard

3 - Paroisse Saint-Sauveur

Lieu de prières : Chapelle du Guéodet

Elle comprend la rue Obscure ou rue Royale, la rue des Etaux, la rue des Boucheries, la rue du Guéodet, la rue et la place Mez-Gloaguen, la rue des Gentilshommes, la rue Saint-Nicolas, la Place au Beurre -au-pot, la rue du Collège et la rue du Sallé. 

4 - Paroisse de Saint-Ronan

Lieu de prières : Chapelle Notre-Dame des Carmes

Elle comprend  la rue de la Tour-Bihan, rue du Verdelet, rue des Regaires, rue Royale, la rue Briziac à Kerfeunteun, le Château de la Tour-Bihan et la prison Royale.

5 - Paroisse de Saint-Esprit

Lieu de prières : Chapelle Sainte-Catherine et Sainte-Thérèse

Elle comprend la rue Sainte-Catherine, rue Sainte-Thérèse, rue Neuve, rue de Pen-ar-Stang, rue de l’Évêché, rue Dorée, la parie Ouest de la rue Saint-François, une partie du fief des Regaires, le manoir épiscopal, la métairie de Lanniron enclavée en Locmaria, le prieuré Saint-Laurent ainsi que la rive droite de la rivière du Jet.

6 - Paroisse de Saint-Mathieu

Lieu de prières : Eglise Saint-Mathieu

Elle comprend la rue Rossignol, la Place Terre-au-Duc, Meilhou-Glaz, Kernisy, Douar-Du, le chemin des Justices, la venelle de Kergos, la rue Bourlibou, la venelle du Pont des Anglais, le chemin du Bout du Pont, la rue du Vily, la rue des Fèbvres, la rue Vis, la Place Saint-Mathieu, la rue de la Vieille-Cohue, la rue du Sel, la rue du Quai, les Couvents des Ursulines, des Capucins, des Dames de la Retraite et des Cordeliers. 

Les rues du Vily et du Moulin du duc étaient peuplés de miséreux tandis que la rue du Sel et celle du Quai ainsi que la Place Terre-au-duc se composait de riches et de nobles.

Les Paroisses extérieures

Ergue-Vihan : Fondée en 1244, rattaché à Quimper le 1er Janvier 1960, regroupe les paroisses d'Ergue-Vraz, Saint-Evarzec, du Guelan,de Kerdroniou, de Kerdrezec. 

Kerfeunteun :  Fondée au XIII e siècle, rattaché à Quimper le 1er Janvier 1960, regroupe les paroisses de Cuzon et de la Trinité.

Pen-Harz : Fondée au XII e siècle, rattaché à Quimper le 1 er Janvier 1960, regroupe les paroisses du Moulin-vert et de Kernisy, Kermoisan, Kerlagatu, Prat-ar-Raz, Douar-Du.

Locmaria : Démembrée sur les paroisses de Kemper-Corentin, Penharz et Ergue-Vihan.









05 mai 2021

La paroisse de Locmaria

Locmaria, aujourd'hui, simple faubourg, fut dans les premiers siècles de notre ère, le berceau de Quimper. 

C'était une ville à part entière qui, après les invasions Bretonnes, fut transférée au confluent de l'Odet et du Steir. 

Pendant de long siècles, Locmaria tombe au rang de simple dépendance féodale du Prieuré ducal puis Royal, du Grand-Locmaria. 

Locmaria était une paroisse autonome, l'une des moins étendue du diocèse de Cornouailles ne dépassant pas 280 Hectares. Elle s'étend du Frugy jusqu'à la baie de Kerogan. 

Une section de la paroisse se trouvait sur la rive droite de L'Odet relié à un pont. Entre la venelle du pont des Anglais ( Kergoz), le marais de Pennaguer et la rue Bourlibou.

Les manoirs du Poulguinan, de Rosmaria, et de Creac'h-Guen, ceux de Prat-Maria et Kernevez étaient construits sur le territoire. Le magnifique manoir épiscopal de Lanniron, maison de campagne, résidence d'été des Évêques avait été établi dans ce cadre exceptionnel dès le Moyen-Age. 

Le fief du Prieuré de Locmaria, avait une haute justice qui s’exerçait aux Cordeliers en la Ville-Close.

En 1789, cette juridiction avait pour Sénéchal, Jean-François Flamant et pour procureur fiscal, Jean-Pierre Huchet.

L'enclos du Prieuré, le presbytère et le jardin du Recteur avait une superficie de 120 ares. On pouvait y ajouter les bâtiments, le cloître et la cour ainsi qu'un grand jardin et deux vergers.Une fontaine abondante d'une eau claire et très pure existe dans le verger méridional. Malheureusement, cet enclos a été coupé en deux pour créer la rue du Chanoine Moreau, percée en 1859.

La vieille église Romane du XI e siècle appartient au Prieuré, elle permet le service paroissial. La chapelle Sainte-Barbe s'avançait sur la place actuelle, contiguë au cimetière. La chapelle Saint-Colombant a existé sur le chemin du Poulguinan.

En l'an V (1796), le diocèse cessa toute inhumation, peu après et sans autorisation, le manufacturier Guillaume Eloury le transforme en chantier..

Les Religieuses Bénédictines étaient au nombre de 25 et recevaient en leurs couvent, de jeunes filles et des veuves généralement nobles.

En 1791, la paroisse est supprimée. L'annexion à la ville de Quimper-Corentin ne se passe pas comme prévu car la municipalité est contre ce projet.

On peut y noter qu'au cours du XIX e  siècle, Locmaria donna quatre maires à la ville de Quimper : 

Corentin Vinoc (1803-1808)

Guillaume Eloury ( 1832-1835)

Edouard Porquier ( 1850-1865)

Adlophe Porquier ( 1896-1903) 







04 mai 2021

Les Commerces (1780-1930)

Avant la Révolution, la rue la plus commerçante était Kéréon, on y comptait les principaux épiciers, les drapiers, les magasins de mode et soieries, les médecins, les apothicaires, les orfèvres, les horlogers et les chapeliers. Un magasin de corsets tenu par Mr Bollé. Un tailleur pour Messieurs.

Sur la Place Mez-Gloaguen et la rue des Boucheries, on pouvait compter vingt-sept boucheries, charcutiers et tripiers. Démunis d'abattoir public, les bêtes devaient être tuées sur place, on y voyait le sang coulé jusqu'à la rue Saint-François. La première tuerie est construite en 1806 entre le Moulin du duc et la Glacière. 

Rue du Guéodet, on comptait trois bouchers et deux charcutiers.

Rue Neuve se trouve une poste aux chevaux.

Rue Royale, les nobles gens étaient avocats, négociants et le plus souvent rentiers.

En face du Palais épiscopal, se trouvait l'auberge du Lion d'Or et celle de la Grand Maison.

Place Saint-Corentin, se trouve la maison d'Herman Wolf, fabrique d'instruments de musique.

Rue du Frout, un horloger-bijoutier

Rue Saint-François, se trouve une échoppe de livres ainsi que la Grande quincaillerie des Halles avec son architecture invraisemblable. 

Rue Sainte-Catherine se trouvait l'auberge La Croix d'Or, rue Sainte-Thérèse celle de la Croix de Malte ainsi qu'une poste aux chevaux.

Place Terre-au-Duc, on comptait la maison de Cajan, maître-menuisier, six Notables, quatre rentiers, cinq avocats, quatre maîtres-cordonniers, quatre maîtres-perruquiers, deux cafés et trois cabarets. Le Clerc, Père et Fils, banquiers et entreposeur de tabacs. Lorin, inspecteur des Domaines. Perrin (Locataire de l'Hôtel Keratry) banquier et receveur des tabacs. Rue du Quai, Gazon (Possesseur de l'ancien hôtel de Tinténiac) receveur des fouages et biens. Un bureau de placement apparaît aussi.

La rue du Sel, on y voyait les frères Le Déan, tous deux receveurs de fouages et de biens.

Rue du Quai, un magasin d'ameublement y est construit. 

Rue des Fèbvres, on y compte deux serruriers ainsi qu'une auberge dite du "Chapeau Rouge", à l'angle de la rue Vily. Ainsi qu'un fournil. 

La misère existait sur la rue Vily, les habitants s'en sortait comme ils pouvaient en exerçants des petits métiers peu rentables : jardiniers, manœuvres, portefaix, tisserands, blanchisseuses, compagnons de travail irrégulier. 

Place Saint-Mathieu, il y avait deux auberges, la Tête Noire et le Soleil Royal ainsi que deux docteurs en médecine et trois maîtres en chirurgie.

Rue du Rossignol, il y avait l'auberge du Dauphin Couronné. On y trouvait un certain, Bainville, receveur général des devoirs.   

Place Maubert se trouve, un horloger.

A Locmaria, se trouve trois guinguettes appelées, Venise, Rome et Naples. 

Rue du Barzh-Kadiou, se trouve l'hôtel du Boisbily construit entre le XVII e et le XVIII e siècle.

Rue Gradlon, se trouve le Relais de Saint-Corentin au XVI e siècle.

Place Médard, on y trouve l'hôtel Haffon construit en 1742.

Rue du Quai, est édifié au XVIIIe siècle, l'hôtel Madec

Quai de l'Odet, l'hôtel Frochen y est construit en 1842. 

Rue Dorée, est édifié l'hôtel de Lestulan.
















02 mai 2021

Les maisons à colombages ou à pans de bois

La définition de la maison à pans de bois se traduit par une maison réalisé en deux parties : 

1 - Le colombage, ensemble de poutres qui forment la charpente d'un mur. Cette ossature de bois est constitué de pans de bois dont les poutres délimitent des compartiments appelés carreaux

2 - Le hourdage qui forme les murs et qui joue le rôle de remplissage et de raidisseur 

Il faut savoir que certaines de ces maisons sont penchées, pour lutter contre les vents d'Ouest. 

Le Musée Archéologique National nous décrit :

" La plus belle maison de Quimper-Corentin a malheureusement disparu. Elle se situait approximativement en face de l’Évêché. Traverses, montants sont sculptés avec beaucoup de détails : statuettes d'hommes, de femmes, d'animaux fantastiques "

Peu de villes Françaises, ont conserver autant de demeures anciennes ( Rennes, Rouen, Strasbourg...)

Voici la liste de quelques Maisons Quimpéroises : 

1 - L'hôtel du Lion d'Or, Place Saint-Corentin. Elle se distingue particulièrement par sa tour carrée dont les étages disposés en encorbellement sont recouverts d'ardoises, qui protège de l'humidité des vents d'Ouest.

2 - Au coin de la rue du Guéodet, s'élève une ancienne maison prébendale construite en pierres. Elle a conservée des portes et fenêtres à moulures prismatiques et des lucarnes à meneaux cruciformes parfois surmontés de mâchicoulis.



3 - Toujours rue du Guéodet, les maisons N° 2 et N° 4 sont construites en bois, avec un rez-de-chaussée et des murs mitoyens construit en pierres, architecture Bretonne initiale. Le N° 2 est revêtu d'ardoises, le N° 4, dont les étages ont été enduits de crépi blanc. Il montre au rez-de-chaussée, une curieuse décoration qui se compose de petits masques grimaçants, des bustes d'hommes et de femmes sculptés sur les piédroits des baies. Les costumes de ces figurines sont à la mode au XVI e siècle.

4 - Rue Elie Fréron, les saillies exagérées des étages avaient fait, au Moyen-Age, donner le nom de rue Obscure. Au XV e siècle, plusieurs maisons sont bâties de pierres et placées en retrait de la rue. Il en existe encore des traces aux N° 19 et N° 22. Au N° 26, se trouve une belle maison à deux étages. Les pans de bois comportent seulement des traverses et montants très rapprochés sans croix de Saint-André.

5 - Place au Beurre, le N° 3 présente le type classique avec rez-de-chaussée de pierre et sur les étages de simples montants.

6 - Rue du Collège, à gauche, à l'entrée, se trouve une maison de pierre qui a des arcs en accolade, des moulures piriformes ainsi qu'à une fenêtre, une petite frise de feuillage ressemblant à celle de la nef de la Cathédrale. En face de celle-ci, se trouve une maison ayant une exception architecturale. Elle est en bois avec pour armature des croix de Saint-André.

7 - Rue du Sallé, les N° 10 et N° 11 possèdent deux étages en encorbellement.

8 - Rue de Kergariou, au N° 26, présente quelques croix de Saint-André.

9 - Rue Kéréon, de la place Saint-Corentin jusqu'à la rue Saint-François, beaucoup de maisons dateraient du XV e siècle. La N° 12 a un rez-de-chaussée et trois étages. Le N°14, le premier étage est en pierre, Au-dessus, un revêtement d'ardoises, ajouté après construction, couvre toute la surface du mur. Au N° 9 et N° 11, on peut y remarquer les traverses moulées et ouvragées ainsi que leurs pans sculptés. Au N° 9, nous pouvons y découvrir les montants du premier étage représentants trois petites statuettes originales, placées comme des cariatides sous l'encorbellement.


10 - Rue Saint-François, au N° 22, des pilastres de style Renaissance décorent les montants.

Les rues du Chapeau Rouge, des Gentilshommes, de Sainte-Catherine, gardent quelques vestiges de ces belles maisons. 

Sur la Place Terre-au-Duc, les maisons forment un groupe qui maintient l'existence de ce passé.

Rue Saint-Mathieu, on peut y observer les vieux logis du XVI e et XVIII e siècle. 

Ainsi qu'à Locmaria dans la rue basse.



Maquette d'une maisons à colombages


Rue Kéréon


 Rue Kéréon, Trois siècles d'architecture      

                                                                Détails de Croix de Saint-André



Place Terre-au-Duc

                                                                            Rue du Quai

01 mai 2021

Les Manufactures de céramiques

En 1789, à Locmaria, la population de la paroisse ne dépassait pas 750 âmes. 

Presque la totalité de la population vivait de l'industrie de la céramique. On y trouvait quelques charpentiers de marine et autres fabricants de barques. Quelques marchands de bois, négociants. 

L'ancien moulin du Prieuré situé sur la rive droite de l'Odet, en aval de Pen-ar-Pont a été acquis par le manufacturier Caussy en 1792. Il avait déjà obtenu l'aménagement du marais de Penanguer par le prince de Bourbon, gouverneur de Bretagne. Le marais s'appelait Meil-ar-Liou ( Moulin des couleurs) car on y broyait les couleurs employées dans l’industrie des faïences.

A la veille de la Révolution, Locmaria possède trois manufactures de faïences dont les produits finis étaient universellement rependus en Basse-Bretagne. 

La première et plus célèbre est fondée en 1690 par Jean-Baptiste Bousquet.

En 1780, la deuxième manufacture voit le jour. Elle est fondé par François Eloury, ancien ouvrier de la maison Caussy. 

En 1789, la troisième manufacture est construite, il s'agit de celle de la famille de Guillaume Dumaine.

En 1792, la famille Bousquet cède par alliance la manufacture à la famille d'Antoine de la Hubaudière dont il fait l'acquisition de l'ancien presbytère en 1791, pour le transformer en atelier. 

En 1809, Hélène Eloury épouse Charles Porquier. La famille est propriétaire de la manufacture  jusqu'au début du XX e siècle.

Vers 1821, Jean-Baptiste Tanquerey gendre et successeur des Dumaine prend la direction de cette maison. L'établissement est détenu au milieu du XX e siècle par la famille Henriot.

Nous comprenons alors, aujourd'hui, d’où viennent ces fameuses initiales sous les céramiques, regroupant les trois manufactures : HBH
















Introduction

Kemper, qui signifie confluent, capitale de la cornouaille bretonne, connue pour ses maisons à colombages, reliée à l'immense Monument r...