24 avril 2021

Portrait : Lanniron : Le petit Versailles



Lanniron est un lieu-dit se trouvant en la paroisse de Locmaria.

Au XIIe siècle, la présence des Évêques de Cornouailles est déjà connue. Un village, comprenant église, cimetière, maisons, moulins et fournils existe.

Il se trouve que Mgr l’Évêque Guillaume (1193-1218) décède dans ce village. Mgr l’Évêque Alain Rivelen, dit Morel (1290-1320) gère l’administration diocésaine en 1300. 

En 1344, Charles de Blois prend l'assaut de Quimper. La ville est assiégée et pillée. Le village est un lieu de retrait pour les Évêques. 

Mgr l’Évêque Gatien de Monceaux (1408-1416), achète des morceaux de terre sur le domaine.

Au XVe siècle, Mgr l’Évêque, Bertrand de Rosmadec (1416-1444) fait construire un premier corps de logis. C'est un bâtiment carré doté de quatre tourelles. 





Entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle, les Évêques, agrandissent leur domaine par l'achat de différents morceaux de terre et voient ainsi, disparaître la paroisse et le village.  

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, après les guerres de la ligue de Bretagne, Mgr l’Évêque Charles de Liscouët (1582-1614) quitte sa résidence du palais épiscopal dévastée par l'incendie. Il en fait du domaine, sa résidence principale et non plus seulement, sa "maison de campagne".

Au XVIe siècle, Nicolas Caussin, prêtre Jésuite, confesseur du Roi Louis XIII est exilé au Manoir. Il y est envoyé sur la demande du Cardinal Richelieu. Il aurait été le favori de la Reine Catherine de Médicis. 

Mgr l’Évêque du Louët (1640-1668) porte un grand intérêt à sa résidence d'été et par achat de terres, créée des petits jardins. 

Mgr l’Évêque François de Coëtlogon (1668-1706) est un homme de caractère et de goût. Il pourra à maintes reprises se faire ouvrir les portes de la cour de Versailles, auprès du Roi Louis XIV et de son jardinier de renom André Le Nôtre.

C'est la Grande époque de la sur-dimension extravagante et débordante de la Royauté. 

Au XVIIe siècle, le manoir est décrit comme étant formé de deux édifices de style différents, à l'est, le manoir du XVe siècle, à l'ouest, un pavillon élégant.  

Mgr l’Évêque revient sur ces ses terres à Lanniron et décide faire construire des jardins à la Française, au goût de l'époque. Aucune trace du dessinateur officiel n'a été trouver. Peut-être André Le Nôtre ou André Mollet. 

Les jardins baroques Italiens, gardent la composition en terrasses s'organisant autour du Palais qui en est le centre et le point de jonctions de toutes les lignes de construction du jardin.

Les jardins Français classiques, gardent le cloisonnement des fleurs par des allées de buis et l'organisation régulière géométrique. Les exemples sont visibles à Vaux-le-Vicomte, Villandry ou Versailles. 

En 1740, une statue de Neptune s’élève sur un piédestal au centre du bassin du même nom, qui se remplissait à la marée montante. Elle se trouvait à l'occident.

En 1790, avaient été aussi construit deux statues en bois représentant deux lions, près de la mer. Ils se trouvaient à l'orient.

L'orangerie date de la fin du XVIIIe siècle. 

Un bassin avait été construit avec au milieu, une pyramide en pierre de taille où quatre crapauds servaient de jets d'eau.

Les Évêques Mgr François-Hyacinthe de Ploeuc (1707-1739) et Mgr Auguste-François Annibal de Farcy de Cullié (1740-1772) résident à leur tour dans leur résidences. Ce dernier fait construire la partie occidental du château.


Mgr de Farcy de Cullié

Mgr l’Évêque Toussaint Conen de Saint-Luc (1772-1790) est le dernier Évêque qui séjourne à Lanniron. 


En 1789, le domaine est vendu comme bien National. Il est revendu successivement à différents marchands de biens.

Le 15 Juin 1822, Emmanuel Calixte Harrington, un riche Anglais, rachète le domaine. 

En 1825, il fait élever la façade actuelle sur les plans de Jean-Baptiste Bigot. Elle est de style Néo-classique, avec son péristyle à six colonnes ioniques, ressemblant à une villa Palladienne  (Constructions de l'architecte Italien Andrea Palladio).


Le manoir du XVe siècle disparaît en y laissant juste des murs encore visible aujourd'hui

En 1833, la propriété est vendue à Charles Fidèle de Kerret de Quillien et à son épouse Félicie Lefebvre de la Faluère.



Son gendre, Georges Blanchet de la Sablière, passionné de voyages, transmis par son beau-frère, René Maurice de Kerret, traverse les océans avec l'Amiral Auguste Febvrier Despointes à bord de la frégate "La Forte" pour découvrir entre autre, la botanique, qui servira pour agrémenter les futurs jardins.

A Lanniron, nous ne sommes pas en la demeure du Roi Soleil mais l'esprit en est de même.





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